Le Blog de Youyouss

"les rêves de Jacob" : Histoire d'amitié où les personnages voyagent entre Marseille et Tunis. Ismo en est le personnage principal. Egalement quelques photos et vidéos de voile, de batterie, perso...

27 mars 2007

Tu t'es vu quand t'as bu

Voici ce que qu'on m'a contraint de publier sur mon blog, sous la torture et la menace. Avec quelques verres en trop on nous fait promettre n'importe quoi. Je vous jure monsieur le Juge que c'est pas moi qui ait spontanément fait ce pari idiot, c'est Lu... , Delp... et puis Vin...qui m'ont forcé. C'était à l'anniversaire de Delp..., j'étais sao... comme un coch...et bien sûr ils m'ont fait écrire n'importe quoi sur une serviette en papier. La serviette en question n'avait aucune entête, constatez vous mêmes, ce qui, soit dit en passant, n'a aucune valeur légale. Suis-je libre de ne pas effectuer le gage, monsieur le juge?
De toute façon je ferai appel du jugement, que cela soit bien clair entre vous et moi!
marathon

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25 mars 2007

Les religions et moi : chapitre II la religion musulmane, when we were King.

Nous avons tous eu notre moment de gloire, le mien appartient désormais au passé, du temps où nous battions tous les records dans le bassin olympique d’El Menzah à Tunis avec mon équipe de relais. Nous étions quatre amis inséparables, nous faisions parti du Club de l’espérance Sportive de Tunis (EST pour les connaisseurs), on nous avait surnommé les quatre mousquetaires, car imbattables au relais quatre nages. Chacun avait sa spécialité, la mienne était la nage Papillon. Je me souviens du nombre impressionnant de médailles que nous raflions lors des critériums nationaux de Natation. Il faut dire que le nombre de piscines en Tunisie était assez limité, il n’y avait pas assez d’eau pour les remplir et encore moins pour les entretenir. Tous les ans les mêmes nageurs, les mêmes équipes, se retrouvaient pour s’affronter au cours des mêmes épreuves. On se connaissait, on se respectait, mais dès que le départ était donné, le combat dans l’eau était rude et la victoire revenait souvent au plus affûté.
Pour arriver à ce résultat il a fallu de nombreux sacrifices : deux entraînements par jour, une scolarité en dents de scie, l’ultimatum du paternel en fin d’année à l’approche du conseil des classes et puis surtout manger des pâtes, des pâtes et encore des pâtes à l’approche des compétitions.  Moi je ne rêvais que des bons couscous que nous concoctait notre chère Fafa. Pourtant la natation m’a apporté quelques satisfactions, grâce à elle j’ai pu faire quelques voyages : en France, Italie, Libye, Belgique, Allemagne. Mais le plus inoubliable d’entre eux fut, certainement, le stage de trois semaines effectué en Arabie Saoudite. Comment se pouvait-il que dans ce pays aussi désertique les piscines soient aussi bien entretenues et d’un tel luxe que même les grands pays occidentaux devaient envier ? In Petrolum Veritas… routekaaba
Au départ il ne s’agissait que d’un stage banal, sans grand intérêt : de nombreux entraînements et  bien entendu quelques rencontres avec les équipes locales. Le voyage tourna rapidement à l’anecdote, vous comprendrez vite pourquoi, lorsqu’on nous annonça qu’en bons musulmans nous devions accomplir le pèlerinage à la mecque. Un soir, après l’entraînement, le secrétaire d’un émir local vint prévenir nos entraîneurs que l’on devait, selon la tradition, effectuer ce fameux pèlerinage. En réalité il s’agissait d’effectuer l’Omra, appelé aussi petit pèlerinage, que l’on peut effectuer à n’importe quel moment de l’année. Le vrai pèlerinage, le Hajj, se déroule pendant le dernier mois de l’année musulmane. Etant donné que tous les frais d’hébergement étaient pris en charge par l’émir en question, il fallait en retour honorer son invitation. Les dirigeants nous convoquèrent donc pour nous transmettre le message de notre hôte.
Je fus impressionné par le silence qui régna dans l’assemblée après le discours de nos entraîneurs. Je perçu tout d’abord une légère panique dans les rangs et dans les yeux de mes compatriotes nageurs, puis la panique se transforma vite en grogne. On menaça de faire grève de compétitions, les dirigeants en retour nous menacèrent de tous nous ramener à la maison, et comme cela se produit souvent dans les négociations salariales, les grévistes, 80% de l’effectif selon les manifestants et 20% selon la direction, finirent pas abdiquer et tout rentra dans l’ordre. Il ne nous restait plus qu’à nous mettre au travail pour accomplir ce pèlerinage dans les meilleures conditions possibles et sans esclandre.
Je compris plus tard  pour quelles raisons les évènements avaient pris de telles proportions. En effet, au moment des préparatifs je me rendis compte que peu d’entre nous étaient au courant des pratiques religieuses et que la plupart d’entre nous paniquaient à l’idée de devoir accomplir un des piliers de l’islam. Comme le temps nous manquait pour rattraper des années d’ignorance, nous décidâmes de nous organiser autour des experts ès religion, il nous restait quelques jours pour intégrer les quatre postures principales : station debout, inclination, prosternation et station assise sur les talons, et bien entendu nous devions réviser nos prières. Les couloirs de la résidence où nous logions se transformèrent rapidement en lieu de culte et les plus réfractaires d’entre nous devinrent de véritables dévots, du moins le temps de la préparation.  Quelques jours avant le grand départ vers la Mecque on nous distribua la tenue « d'Ihram », la tenue du pèlerin, deux pièces de tissu blanc sans coutures, l'une enroulée autour des reins et qui devait tomber sous les genoux, l'autre couvrant le torse. Comme le veut la tradition nous devions nous débarrasser de toute pilosité débordante, inutile de détailler ici ce que cela impliquait comme sacrifice et désagrément. Arrivés sur place on nous flanqua d’un guide qui devait nous accompagner durant les différentes étapes du pèlerinage. L’intention de la sacralisation (Al-ihram), qui consiste à avoir l’intention dans le cœur d’effectuer le pèlerinage, en est la première étape. Puis viennent la circumambulation (Al-tawaf), qui consiste à effectuer sept tours de la Kaaba, la maison sacrée, et enfin le Sa’y qui consiste à effectuer sept fois le parcours entre le Mont Safa et le mont Marwa. 
Comme nous étions des néophytes, et jeunes de surcroît, nous étions mal renseignés sur les règles et les pratiques à respecter dans l’enceinte de la mosquée. Il y eut quelques  incidents qui marquèrent le séjour de manière mémorable. J’en rigole encore aujourd’hui, non pas par manque de respect pour ce lieu sacré, mais simplement pour mettre en exergue ce que l’ignorance des traditions peut engendrer comme situations rocambolesques.
Le premier incident survint lors des ablutions avant les premières prières. Alors que nous étions tous entrés dans l’enceinte de la mosquée et que nous nous apprêtions à suivre notre guide, un compatriote nageur, pensant que nous venions visiter un haut lieu touristique, sortit son appareil photo, qu’il avait dissimulé on ne sait comment sous sa tenue de pèlerin, arma le flash et se mit à mitrailler la Kaaba. Nous fûmes rapidement entourés par des policiers qui se saisirent du coupable et de l’objet du délit. L’appareil fût détruit sur le champ, le coupable sermonné et comme le guide nous servait aussi d’intermédiaire l’incident fût rapidement clos. Nous étions une délégation Tunisienne sous protection d’un émir.
Le deuxième incident arriva peu de temps après le premier. Alors que nous étions en pleine prière en position de prosternation, dans le silence le plus complet, nous entendîmes l’un d’entre nous crier en Arabe « Mon argent ! Mon argent ! On m’a volé mon argent ». L’idiot en question pensait que l’on pouvait trouver à l’intérieur de l’enceinte des boutiques de souvenirs, il devait se croire à Lourdes, et avait réussit à caler sa liasse de billets sous le tissu qui entourait ses reins. Comme nous n’avions pas le droit de porter des poches cousues, les billets tombèrent probablement lors de la circumambulation. Je crois bien qu’il perdit tout son argent de poche ce jour là, il termina le séjour sans avoir même pas de quoi se payer une boisson.

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16 mars 2007

Intro au chapitre II des religions et moi

Vous rappelez-vous la parodie des « envahisseurs », la fameuse série télé, réalisée par les inconnus ? On y voyait une soucoupe volante en forme de couscoussière géante et les extraterrestres avaient un majeur hypertrophié et répétaient « nous allons tous les niquer ». Vous vous demandez certainement où je veux en venir avec cette introduction, et bien moi aussi je me le demande.

Je viens de lire, sur un site Internet consacré aux séries,  le résumé de la vraie série télé.
Pour résumer le résumé du résumé, je résumerai le résumé en écrivant ceci :invaderss

David Vincent, de retour chez lui après une journée de travail croit voir une soucoupe volante se poser en pleine campagne. Il décide de prévenir les policiers et bien entendu lorsque tout ce petit monde retourne sur les lieux toutes les traces ont disparu. C’est d’ailleurs ce que confirme un couple de jeunes mariés qu’ils rencontrent non loin du lieu d’atterrissage. Mais David Vincent remarque la raideur anormale de l’auriculaire du marié. Il décide de mener sa propre enquête. Il découvre que les envahisseurs ont pris possession d’une usine hydroélectrique et qu’ils ont pris une forme humaine. Il doit convaincre le monde entier du cauchemar qui vient de commencer. En vérité il fallait lire ce texte de la façon suivante : Georges Double You Bush de retour de l’hôpital après avoir s’être étouffé avec un Bretzel, rencontre un couple d’intégristes. Le mari est en Djellaba et la femme porte une Bourca. Georges Double You Bush remarque la raideur anormale du majeur chez le marié. C’est normal car celui-ci lui fait un doigt et lui dit « nous possédons la bombe atomique ». Georges Double You Bush décide de mener sa propre enquête et envoie l’armée américaine pour tout raser. Mais pour raser quoi au fait? Georges Double You Bush ne le sait pas mais reste convaincu que l’humanité est en danger. Alors il décide de faire la guerre à tout le monde, comme ça au moins il est sûr d’avoir des ennemis. Mais que sont devenus nos amis intégristes (enfin amis c'est vite dit, en ce qui me concerne) ? Vont-ils réellement semer la terreur jusque dans les villages de montagne les plus reculés ? Sont ils allés faire leur pèlerinage à la Mecque?
A propos de pèlerinage… C’est ici que commence ma petite histoire, mais demain la suite.

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20 février 2007

Les religions et moi (chapitre I : la religion catholique)

Bien entendu le sujet des religions est un sujet sensible de nos jours, car raconter ses propres expériences dans ce domaine c’est s’exposer aux critiques virulentes venant d’extrémistes de tout bord. Il suffirait peut-être à quelqu’un d’écrire le mot religion sur le moteur de recherche Google pour éventuellement tomber sur le présent article, avec la chance que j’ai je l’imagine bien ce gros barbu intégriste avec ses gros doigts sur le clavier. Et comme je n’ai aucune intention de tomber sous le coup d’une fatwa lancée par un quelconque fou de dieu, ou bien que les croisés me poursuivent dans les aéroports en armure médiévale jusqu’en Papouasie Occidentale, pays où je me serai certainement enfui entre temps (vous êtes témoin je suis fair play, je leur indique même où me trouver), je vais être extrêmement, prudemment, soft.
Mais me direz  vous, si je ne veux pas m’exposer au danger il suffirait de ne rien écrire et certainement pas d’exposer mes écrits aux millions d’internautes. Sur ce point je suis rassuré, car à l’instant où j’écris ces lignes, je ne connais que quatre admirateurs assidus à mon blog ; et pour tout vous dire je pense même que l’un d’entre eux, ou d’entre elle, vienne de « lâcher l’affaire ». Si jamais je me trompe, je suis prêt à m’excuser platement. Sur ces quatre admirateurs je n’en connais qu’un seul qui pourrait me causer des soucis ; manque de chance c’est le plus assidu. Mais étant donné qu’il boit du vin, qu’il mange du porc, qu’il jure comme vous et moi, bien qu’il soit de type pas tibulaire mais presque, le danger d’une bombe à retardement sur mon blog est écarté. Mais venons en aux faits.
A l’époque j’habitais encore en Tunisie et bien entendu nos coutumes étaient majoritairement musulmanes ou juives suivant qui venait séjourner à la maison. Pourtant je ne me rendais pas vraiment compte de l’importance de la religion. Messe_St_Pierre
Mon premier contact avec celle-ci, je devrais dire ma première prise de conscience du phénomène religieux, je l’ai eu lors d’un séjour en colonie de vacances, je devais avoir une dizaine d’année. Je ne me souviens plus vraiment pour quelles raisons obscures je me suis retrouvé dans ce trou perdu du Jura, moi qui venait d’un pays chaud et sec. Mais je soupçonne que mes parents, excédés par nos courses de chevaux dans le jardin, décidèrent un soir, chuchotant dans leur lit, de se débarrasser de nous pour quelques jours. D’ailleurs mes soupçons se confirment car à l’instant où j’écris ces mots, je réalise qu’ils avaient réitéré l’expérience à de nombreuses reprises….
Me voilà donc dans débarqué de ma chère Tunisie dans un endroit que ma mémoire lointaine semble appeller « Ermitage » proche d’un village dont je ne me souviens plus du nom. Je me souvenais en revanche du cimetière qu’on longeait deux fois par jour, pour aller affronter les autres classes lors de rencontres sportives. A cette époque je m’étais lié d’amitié avec un étrange tunisien du même age que moi, qui semblait en vouloir aux croix fixées au dessus des tombes, car à chaque passage devant le cimetière il râclait sa gorge et crachait par terre en proférant des jurons. Quand je lui demandais pourquoi il procédait ainsi il m’expliquait que la vue des croix le mettait mal à l’aise et qu’elle était le symbole des mécréants. Bien que ses idées sur la religion fussent, vous l’avez deviné, assez arrêtées, ce petit personnage était néanmoins plein de contradictions. Je me souviens qu’un matin, plus exactement un dimanche matin, nous mourrions de faim tous les deux. Après mûre réflexion, il me regarda droit dans les yeux et me certifia qu’il connaissait un endroit où l’on donnait à copieusement manger à tout le monde sans exception. Je ne fus pas très long à convaincre, vous l’aurez deviné. Nous arrivâmes dans une clairière où des bancs étaient installés autour d’un autel et où de nombreuses grandes personnes semblaient entonner des chants entrecoupant le discours d’un étrange personnage tout déguisé de blanc. Il me raconta que pour pouvoir bénéficier du fameux repas, il fallait se soumettre au règlement. Il me tendit un livret incompréhensible. Ne saisissant pas un traître mot de ce qui se disait pendant la cérémonie, nous essayâmes en vain de nous repérer dans les écrits. Un vieux monsieur assis à notre gauche, nous prît en pitié et nous souffla  les paroles des chansons. Lorsque la cérémonie fût terminée nous nous précipitâmes dans la queue pour réclamer notre dû… C’est ainsi que je fis connaissance avec le monde merveilleux de la messe et de l' Ostie, que l’on appelle aussi corps du christ et qui ne ressemble en rien à un plat de couscous, même sans pois chiches. Inutile de vous dire que je lui en avais voulu toute la journée de m’avoir attiré dans ce traquenard, car mon estomac, lui, était très rancunier.

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12 février 2007

souvenir

Avec mes frères, lorsque nous étions plus jeunes et que les journées duraient des éternités, on s’amusait à enfourcher des branches de palmier pour en faire des montures en tout point semblables à des chevaux de course, on poussait la vraisemblance jusqu’à imiter les ébrouements et les hennissements.  Dans le jardin de notre maison de Carthage il y avait trois immenses palmiers que l’on s’amusait à dépouiller méthodiquement. Parfois on oubliait d’enlever les épines à la naissance des branches et on en semait partout dans le jardin. Ca faisait un peu mal aux pieds en fin de journée, mais rien ne nous arrêtait lorsqu’on organisait une course de chevaux. Le plus dur était de négocier les virages, parce que l'idée ne nous venait jamais à l’esprit, par fainéantise probablement connaissant les quatre énergumènes, de réduire la taille des branches.

palm

Dans ce jardin on adorait battre des records de vitesse, souvent pour le simple exploit sportif, mais aussi pour la gloire. Le recordman devenait alors le héros de tout Carthage. Mais il arrivait parfois que battre ce record devienne une nécessité vitale. Ces quelques moments où l’on ne pense plus qu’à soi, où l’instinct de survie prend le dessus sur la solidarité fraternelle, où l’on est prêt à tuer pour ne pas être le premier à être pris, ces quelques  instants meurtriers étaient les piqûres de rappel, les « VACCINS », cette chose ignoble que l’illustre PASTEUR a inventé pour le bonheur de la santé publique et pour le malheur des enfants. Ma mère étant médecin scolaire il était plus facile pour elle d’organiser des séances de piqûres massives « at home ». Après tout il n’y avait aucune raison qu’un seul de nous échappe à la torture que subissaient les autres, quand il y en avait pour un il y en avait pour quatre, il en était de même pour les maladies.
Il fallait toute une organisation à mes parents pour nous piquer les uns après les autres. Pendant que ma mère préparait consciencieusement les vaccins, qui someillaient depuis quelques jours dans le réfrigérateur en attendant le moment fatidique , mon père nous courait derrière, empruntant le parcours que nous avions mis des jours à optimiser, et nous ramassait sans pitié les uns après les autres. Je remercie Darwin d’avoir découvert la sélection naturelle, car elle nous permettait parfois d’avoir quelques minutes de répit entre deux piqûres. Lorsque les scéances de tortures étaient terminées, nous reprenions nos activités équestres comme si de rien nétait. Le plus rapide d'entre nous paradait fièrement sur sa monture le restant de la journée.

 

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