15 août 2007
De la périodicité des événements
Quand j’étais plus jeune je me demandais si les évènements quels qu’ils soient avaient une périodicité, ou s’ils s’enchaînaient de manière complètement désordonnée. Mon esprit étant quelque peu compliqué je penchais souvent pour la deuxième solution. Bien entendu, je ne parle pas des évènements naturels, des saisons, des cycles qui rythment notre vie, je veux évoquer ici tout ce que l’être humain est en mesure de maîtriser. Partant de ce raisonnement il ne servait plus à rien de retenir une séquence élémentaire et sa périodicité dans le temps, tout les évènements se géraient individuellement. L’exercice n’était pas si simple, car il fallait avoir une bonne mémoire et de plus je ne pouvais anticiper ce qui allait advenir.
Avec l’expérience j’ai appris que je m’étais trompé de raisonnement et qu’il fallait redéfinir complètement ma façon d’appréhender les situations. J’ai appris, par exemple, que les gros cons ne sont pas cons à un instant donné, puis gentils ou sympas l’instant d’après. Non, ce qui faisait leur trait de caractère demeurait, malheureusement, inexorablement, encré en eux. Comme le disait si bien Georges Brassens : « Le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con on est con ». En grandissant on apprend aussi que lorsque deux événement périodiques se superposent, la périodicité de l’un d’entre eux peut-être perturbée. Prenons l’exemple des trains et des grèves. Tout le monde sait que les trains sont théoriquement sensés partir à l’heure, la SNCF publie d’ailleurs officiellement leurs horaires à l’avance à la minute près. Nous savons aussi que la rentrée parlementaire est régulièrement suivie de grèves. Lorsque ces deux événements viennent à se superposer bien évidemment les trains ne partent plus. Il faut préciser que dans ce cas le dérangement est souvent dans le même sens. On a rarement vu une grève s’interrompre brutalement pour laisser partir les trains. La distribution du courrier est également un événement qui se reproduit régulièrement et qui est chamboulé au mois d’août par le départ en vacances des postiers. Alors si naïvement, comme moi, vous avez commandé un billet de train sur le site de la SNCF au mois d’août et si par malheur vous avez demandé à recevoir les billets par la poste, inutile de dire que vous n’êtes pas prêt de prendre ce putain de train. Dans ce cas précis ce sont trois événements périodiques qui se sont entrechoqués et finalement je me demande si je ne vais pas revenir à ma première vision naïve et enfantine des choses : le monde est un immense chaos!
11 août 2007
Dave Brubeck Quartet.
Dave Brubeck Quartet - Take Five Jazz
Vidéo envoyée par madafonka2
Le Jazz, je ne m'en lasserai jamais. Parfois j'ai l'impression de ne pas être né à la bonne époque. Quel bonheur, que d'émotions aussi. Pensez à tous ces grand noms : Charlie Parker, Ella Fitzgerald, Louis Armstrong, mais aussi Jo Jones, Art Blakey, Gene Krupa, pour citer quelques batteurs. Des noms qui font rêver, des noms qui donnent envie de faire un bond dans le temps. Se retrouver assis à une table, un verre de whisky à la main à l'époque de la prohibition et se laisser bercer par les voix de ces magnifiques chanteuses. Quand je regarde ces vieux films j'ai parfois l'impression que les gens de l'époque ne voyaient qu'en noir et blanc, n'entendaient que les grésillements des vieux disques Vynil, lorsqu'ils écoutaient de la musique. C'est au début du siècle dernier qu'est née l'idée de regrouper plusieurs élément de percussion pour en faire ce qui deviendra plus tard la batterie de Jazz. On ne peut imaginer Summertime chanté par Ella Fitzgerald sans la douceur des balais et les quelques coups de cymbales qui l'accompagnent, comme on ne peut imaginer sing sing sans les solos endiablés de Gene Krupa. Vive le Jazz!!!
07 août 2007
Merioun Kabar
- Bonjour puis-je m’asseoir à votre table quelques instants ?
- En fait je m’apprêtais à partir, je vous avais vu entrer et je comptais vous céder la place. J'esquissais un geste pour me lever, mais elle retint mon bras avec une légère fermeté qui me surprit.
- Il y a bien longtemps dans le royaume de Pachtir vivait le roi Merioun Kabar. Le roi Kabar s’ennuyait à mourir, il passait le plus clair de son temps allongé au bord de la plus belle fontaine de son palais lisant les nombreux récits de voyageurs parcourant le monde à la recherche de vérités. Il aimait cet endroit car il lui procurait une sensation de paix intérieure. Dans le passé, Merioun Kabar venait souvent s’y réfugier lorsqu’il devait prendre une décision concernant l’avenir de son royaume. La fontaine était au centre d’un immense patio arboré, elle avait été sculptée par les meilleurs artisans du royaume et représentait la dynastie des Kabar ; les guerres, les conquêtes, les grandes découvertes étaient soigneusement représentées. 
Il y a bien des années qu’on ne le consultait plus à propos d’une querelle, la vie s’écoulait paisiblement dans son royaume, et le roi, seul, s’ennuyait. Chaque matin, au réveil, l’intendant lui faisait le compte rendu détaillé des affaires du royaume. Tous les jours la même rengaine : le royaume se portait à merveille, les habitants étaient heureux. Le roi n’écoutait que d’une oreille, son esprit était ailleurs, la flamme de son âme avait perdu de son éclat.
On raconte qu’un jour une jeune femme se présenta aux portes du palais et demanda à rencontrer le roi. Les gardes l’accueillirent avec le sourire. Elle pénétra dans le patio et trouva le roi allongé comme à son habitude. A la vue de la jeune femme, le roi se leva brusquement. D’un simple regard il comprit que sa vie désormais ne serait plus comme avant. La jeune femme lui semblait un ange envoyé par Dieu pour lui annoncer…
- Lui annoncer quoi ? M’interrompit-elle.
- Un grand voyage, repris-je. Je suis le roi Merioun Kabar et vous êtes la jeune femme du conte.
- C’est trop d’honneur que vous me faites, dit-elle en souriant. Mais j’aime votre histoire et j’admire votre perspicacité.
- Allons faire une ballade sur le vieux port si vous le voulez bien, cet endroit m’agace.
- J'accepte volontiers de vous suivre si vous me racontez la suite du conte.





