06 juillet 2007
Drôle de journée
Avez-vous déjà eu cette impression de vous tromper de route, d’avoir toujours choisi le mauvais chemin après chaque embranchement ? Avez-vous déjà eu cette impression que toutes les décisions que vous prenez ne sont pas dictées par votre conscience, par vos désirs ?
Ça vous prend au réveil, comme ça un matin, ça démarre sur quelques mauvaises impressions, parfois minimes, mais qui prennent de l’ampleur au cours de la journée. Tiens, le café n’avait pas le même goût ce matin ! Le voisin s’est levé plus tôt que d’habitude. Le réveil n’a pas vraiment sonné, ou différemment. Je n’ai pas souvenir d’avoir rêvé ! As-tu entendu la pluie cette nuit ? Non ? Il me semblait pourtant. C’est bizarre je suis certain de ne pas avoir rêvé, certain.
Ce matin là la douche est plus froide, le savon ne mousse pas, on se blesse en se rasant, on manque de glisser en sortant de la salle de bain, on ne trouve rien, les chaussettes sont dépareillées, mais pour l’instant on ne le sait pas, on s’en rendra compte le soir en rentrant chez soi comme une évidence. Peut-être qu’une personne attentionnée l’aurait remarqué, aurait osé vous le dire, mais pour l’instant vous ne savez pas, vous ne savez rien, les bizarreries s’accumulent c’est tout.
Ce matin là on pense qu’il fera chaud alors on sort en chemisette. Tiens, il fait quand même un peu frais pour un mois de Juillet ! De toute façon il est trop tard pour retourner se changer. Alors on monte dans sa voiture, on met le contact. Avant de démarrer on insère un CD dans l’autoradio. Les paroles sont mélancoliques, mais pour l’instant on ne le sait pas, on s’en rendra compte plus tard lorsqu’elles auront envahit notre esprit. Peut-être qu’une personne attentionnée l’aurait remarqué, aurait osé vous le dire, mais pour l’instant vous ne savez pas, vous ne savez rien.
La journée est ennuyeuse au boulot, quelque chose vous gêne, vous irrite. Au cours de la journée les pensées se cristallisent quelques images du réveil vous reviennent mais pour l’instant vous ne comprenez pas, vous ne comprenez toujours rien.
Sur le chemin du retour, pour combler un manque sans doute, vous pensez à elle sans raison. Vous pensez à ce que vous auriez pu lui dire, à ce que vous auriez du lui dire. Peut-être l’aurait-elle remarqué, peut-être vous l’aurait-elle demandé? Mais vous l’avez toujours su, et vous n’avez pas osé.
A cet instant vous comprenez.
Commentaires
Bonjour Youbal !
Je n'étais pas venue depuis longtemps. J'aime beaucoup ce billet là. Tu vois, ce que tu décris, cela m'arrive tout le temps.
A très bientôt !
Bonsoir Antigone,
désolé de répondre aussi tardivement. Merci beaucoup pour ton petit commentaire, je me sens soulagé tout d'un coup!
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